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LES ORIGINES

La petite taille de certaines pointes en pierre découvertes à Gravette, pourrait faire penser que flèches ou sagaies existent depuis au moins 20 000 ans. Les pointes les plus anciennes proviennent de Tunisie et dateraient de 50 000 ans sans toutefois savoir si elles furent utilisées sur des sagaies ou sur des flèches.

La flèche la plus ancienne trouvée à ce jour, est datée de 12 800 ans de la fin du paléolithique supérieur et provient de Stellmoor au nord de Hambourg en Allemagne. La flèche était faite en pin et était composée d’un long tube principal et d’un tube avant de 15-20 centimètres muni d’une pointe en quartz. Sur des peintures rupestres situées en péninsule Ibérique datables de 10 000 ans, l’on peut attester de l’utilisation de l’arc.

La révolution néolithique et la sédentarisation qui en découle, l’homme protégea ses cultures, ses élevages des intrusions d’animaux sauvages, mais aussi des tribus voisines contre les vols, pillages.

Cette situation amène l’homme à utiliser l’arc comme une arme pour se défendre. Puis l’arc fut utilisé comme arme de guerre. Cette arme se retrouve largement répandue dans l’antiquité.

L’arc simple droit en bois se retrouve en Egypte antique, sur le continent africain, américain, en Polynésie, en Malaisie et aux Philippines. En Europe du nord, le grand arc en If s’est rendu célèbre dans les batailles du moyen-âge.

 

Les arcs composés concernent plutôt le proche orient. Il est répandu chez les Sumériens, les Babyloniens, les Assyriens, les Perses, les Scythes, les Carthaginois et les Parthes pratiquant le tir depuis chars ou chevaux.

 Mais c’est surtout l’Asie qui est le berceau de l’arc composé avec l’arc Sino-mongol.

Les Mongols inventent l’arc composite (plusieurs matériaux associés suivant leurs caractéristiques mécaniques)

L’impossibilité d’avoir des grands arcs puissants pour la pratique du tir à cheval, l’arc doit être de petite taille. Pour obtenir une puissance extrême (portée à 300 mètres) l’arc sera composé de tendons, de nerfs pour assurer l’élasticité, de la corne, de l’os pour assurer la résistance.

Ces découvertes remarquables ont lieu il y a plus de 1000 ans. Il faudra attendre le XXe siècle pour que ces types de matériaux soient supplantés par nos matériaux composites modernes.

 

Appelés Arcs Turquois par les Francs, ces types d'arc firent des ravages dans les rangs des Romains mais aussi au Moyen-âge dans les rangs des Croisés lors des Guerres Saintes.

HISTOIRE DE FRANCE

L’arc fut adopté comme arme militaire peu avant le règne de Clovis.

Charlemagne comprenant la valeur de l’arc au combat en fit un équipement obligatoire. Dans ces capitulaires, il crée les premières compagnies, qui disparaissent à sa mort en 814.

Les Normands remettent au goût de jour cette arme à la guerre. Guillaume le Conquérant et ses archers normands remportent la bataille de Hastings située en Angleterre contre le roi Harold Godwinson le 14 octobre 1066.

 

Dès le IXe siècle, les habitants des bourgs se dotent de milices civiles pour faire face à l’insécurité des campagnes.

C’est par une ordonnance datée de 1369 du roi Charles V, que les anciennes confréries militaires de Saint Sébastien sont transformées en compagnies d’archers et d’arbalétriers. 

 

Elles deviennent confréries avec règles, statuts et leurs membres prêtaient le serment traditionnel des nobles chevaliers.

Face à l’épée des chevaliers issue de la noblesse, l’arc fut donc l’arme du peuple des bourgs, des villages et des fantassins.

 

À la mort de Charles V, son fils Charles VI sous la pression de l’aristocratie fait cesser le tir à l’arc car cette arme fut jugée en concurrence face à la noblesse d‘épée

Cet abandon de cette arme à la guerre se paye durement notamment à la bataille d’Azincourt en 1415. Les archers anglais défirent la chevalerie de noblesse française à pied et à cheval.

Alors Charles VII par ordonnance royale du 26 avril 1448 donna à certaines milices le statut de francs-archers.

Chaque ville prélève alors un nombre d’archers proportionnel à sa population pour leur habileté et non pour leur condition sociale.

Cette armée de réserve devait à la première réquisition se mettre à la disposition du roi et s’engageait à s’équiper à ses propres frais. Les francs-archers sont exemptés pour cela des impôts.

Les Francs-archers défendirent alors les cités mais bientôt aussi les frontières du Royaume de France. En octobre 1480, Louis XI supprima les francs-archers.

Ils furent réhabilités par Charles VIII et maintenus par Louis XII.

 

Ainsi dissous, recomposés suivant les évènements politiques et des guerres, les francs-archers sont supprimés définitivement en 1535 par François 1er.

Sous l’ancien régime à partir du XVIe siècle, face aux progrès des armes à feu, les archers et arbalétriers ne furent plus appelés sur les champs de bataille.

Ils continuent à se constituer en sociétés ou confréries, moitié civiles, moitié militaires, se chargent encore de préserver toutefois les villes, du pillage, du désordre et se trouvaient sous l’autorité municipale.

C’est alors que le tir à l’arc devient une pratique sportive et ludique.

 

Les évènements de la révolution et le décret du 13 juin 1790 prononcent la suppression de tous les corps de milices bourgeoises, jugés trop féodales. Les archers et leurs organisations sont dissous, biens et registres saisis ainsi que les uniformes, insignes et drapeaux détruits.

Cela explique qu’il n’existe que très peu d’archives concernant la vie des compagnies d’arc avant 1790.